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Une fleur de Paris
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Les fossés de la Bastille

Les fossés de la Bastille

Les fossés de la Bastille

Construit bien avant la voie navigable, au pied de l'enceinte de Charles V, le bassin de l'Arsenal s'étire en un fossé long de 540 mètres et large de 40 mètres.

Tout au fond, la dernière écluse avant la Seine.

Tout au fond, la dernière écluse avant la Seine.

Cette gare d'eau, isolée de la Seine par la dernière écluse, fut un port de commerce actif et encombré. Les "fossés de la Bastille", comme l'appelaient les mariniers, étaient un haut lieu de la Batellerie. "Le plâtre y lutte avec le charbon, notait en 1933 Marius Constant. D'importantes compagnies telles que la Cie générale de navigation et l'Union normande ont leur siège sur le boulevard.

Les fossés de la Bastille

Le quartier de l'Arsenal concentrait, en effet, les sièges sociaux de nombreuses compagnies, comme les Sablières de la Seine, quai Henri-IV, dont la flotille d'automoteurs évacuait les gravats de la ville de Paris vers la Haute-Seine, ou bien encore la Compagnie internationale de transports par eau, boulevard de la Bastille, dont certaines péniches, rebaptisées les "Poliet" par les mariniers, assuraient le transport du ciment.

"Le rendez-vous des mariniers, se rappelle François Berenwanger, c'était le café Dewez, sur le tout proche boulevard Morland. C'était la boîte aux lettres et le bureau de renseignements. Les bruits de la commère et les bons tuyaux y circulaient. Entre les deux guerres, l'Arsenal fut surtout le domaine de la "Compagnie générale de navigation HPLM (Havre-Paris-Lyon-Marseille), qui fut longtemps la plus grosse société de navigation intérieure en France. Elle possédait sur le quai des ateliers de réparation de bateaux, de part et d'autre de la passerelle Mornay, qui enjambe le bassin de l'Arsenal en son milieu.

"Le rendez-vous des mariniers, se rappelle François Berenwanger, c'était le café Dewez, sur le tout proche boulevard Morland. C'était la boîte aux lettres et le bureau de renseignements. Les bruits de la commère et les bons tuyaux y circulaient. Entre les deux guerres, l'Arsenal fut surtout le domaine de la "Compagnie générale de navigation HPLM (Havre-Paris-Lyon-Marseille), qui fut longtemps la plus grosse société de navigation intérieure en France. Elle possédait sur le quai des ateliers de réparation de bateaux, de part et d'autre de la passerelle Mornay, qui enjambe le bassin de l'Arsenal en son milieu.

La direction se trouvait en haut, 28, boulevard de la Bastille, ses entrepôts au bassin de la Villette. Près de 3 000 personnes, y compris les mariniers, y travaillèrent dans les années 1935 à 1965. Tous les bateaux de canal de l'HPLM, en attente d'affrètement ou de réparation, sont passés un jour par l'atelier de Bastille, explique Pierre Chomette, 43 ans de métier dans la société. L'atelier, en bois, brûla en 1956 et fut reconstruit en dur. En 1959, il occupait les trois quart du quai. Absorbée par Sanara en 1973, la vieille dame quitta définitivement les lieux. Elle avait déjà vendu ses ateliers à Sani-Central, qui entreposa sur le quai un amoncellement de faïences sanitaires. On appela dès lors l'Arsenal "port-bidet"... jusqu'à ce que soit créé en 1983 le port de plaisance de Paris. Les voiliers au mouillage ont, depuis, remplacé les péniches à quai.

 * Source : "Je me souviens du canal Saint-Martin" chez Parigramme.