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Une fleur de Paris
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Suresnes : Collège Henri Sellier et théâtre Jean Vilar

Suresnes : Collège Henri Sellier et théâtre Jean Vilar

Suresnes : Collège Henri Sellier et théâtre Jean Vilar

Aujourd'hui je vous parle de "mon" collège et du Théâtre Jean Vilar.  

Le collège a été érigé entre 1923 et 1934 à l’initiative du maire de Suresnes Henri Sellier (1919 à 1941) en l’honneur de qui l’établissement fut définitivement nommé après la guerre durant laquelle le maire fut destitué de ses fonctions et trouva la mort suite à son internement par les nazis. 

Suresnes : Collège Henri Sellier et théâtre Jean Vilar

Initialement appelé Edouard VAILLANT (ami de Jean JAURES fondateur du parti socialiste) puis Aristide BRIAND, c’était une école primaire comprenant 20 classes réparties entre filles et garçons.

La construction de l’établissement s’inscrit dans le projet de développement urbain de la CITE-JARDIN porté par Henri SELLIER qui est à l’origine de la création des Offices publics des Habitations à bon marché (ancêtres des H.L.M.).

 En effet hygiéniste convaincu, il veut améliorer les conditions de vie des classes modestes. C’est avec l’architecte Alexandre MAISTRASSE qu’il développe un habitat fonctionnel et esthétique dans de petits immeubles de quatre étages se répartissant autour de jardins, éléments primordiaux qu’Henri SELLIER appelait le « matériau vert ».  

Le collège répond tout à fait à ces critères avec des locaux vastes et clairs présentant une recherche esthétique élaborée (faïence sur tous les murs aussi bien des salles que des couloirs).

Suresnes : Collège Henri Sellier et théâtre Jean Vilar

Plusieurs pièces de choix embellissent cet ensemble déjà riche, telles que la superbe fontaine, les jardinières, et les lavabos (présents au pieds des escaliers en bois permettant d’accéder à l’étage dans chaque aile), ainsi que la magnifique piscine, malheureusement hors d’usage pour des raisons de non conformité aux normes actuelles (Ah moi j'ai eu la chance, dans les années 70 la piscine était en fonction) !

 Ce cadre est souvent sollicité pour des tournages de fiction (T.V.) et bien sûr constitue un lieu de vie et d’épanouissement personnel et scolaire idéal pour les élèves.

Le collège Henri Sellier et au fond le théâtre Jean Vilar

Le collège Henri Sellier et au fond le théâtre Jean Vilar

En 1921, Henri Sellier, Maire de Suresnes, lance une politique d'aménagement de la ville. Ainsi débute la construction de la " Cité Jardins " qui regroupe de nouveaux logements et un programme d'équipements collectifs et commerciaux.

Suresnes : Collège Henri Sellier et théâtre Jean Vilar

Henri Sellier voulait qu'au cœur de cet espace de vie idéal, les habitants aient leur lieu de rencontre et de divertissement. Il fit donc appel aux architectes Maistrasse et Quonian qui, de 1938 à 1939 édifièrent ce qu'on appela alors la " salle des fêtes " , bâtiment aux murs de briques et d'élégantes proportions rappelant le Palais de Chaillot, sur le modèle des " maisons pour tous " de l'époque.

De fait, l'existence de ce théâtre n'est pas compréhensible en dehors de la Cité Jardins.

Comme toutes les cités qui se construisent en banlieue parisienne entre les deux guerres, celle de Suresnes se veut un quartier harmonieux, moderne mais aussi autonome : une cité dont les axes principaux sont structurés par l'église et le théâtre-salle des fêtes.

Dans les années 40, la Salle des Fêtes de Suresnes devient le Centre des Loisirs Albert Thomas - Henri dont l'utilisation est déterminée par la municipalité. Après la mort d'Henri Sellier en 1943, l'implication de la municipalité de Suresnes devient vraiment minimale : elle demande juste de veiller à ce que la salle soit libre pour l'arbre de Noël...

Suresnes : Collège Henri Sellier et théâtre Jean Vilar

C'est en 1951 que Jean Vilar, comédien, metteur en scène, directeur du Festival d'Avignon à partir de 1947, et du Théâtre National Populaire de 1951 à 1963, va donner une nouvelle vie au Théâtre de Suresnes.  

Dès son entrée en fonction comme directeur du T.N.P. en 1951, Jean Vilar se trouve confronté à la question des lieux de représentation : la session de l'O.N.U. occupe en effet le Palais de Chaillot jusqu'en avril 1952.

Directeur de théâtre sans théâtre, Jean Vilar ne se replie pas sur une salle parisienne, comme il eût semblé logique à l'époque, il décide au contraire de faire porter l'essentiel de ses efforts sur la banlieue parisienne et choisit, entre autres, Suresnes.

Pourquoi Suresnes ? Parce que c'est le seul théâtre de 1200 places qui existe à l'époque en proche banlieue.

Soulignons que ce plan de conquête de la région parisienne ne s'est pas limité à la saison 1951 - 1952 (donc à l'occupation de Chaillot par l'O.N.U.) : il a été présenté au contraire par Jean Vilar comme un objectif à long terme.

Suresnes : Collège Henri Sellier et théâtre Jean Vilar

En 1951, Jean Vilar organise les " week-ends artistiques " les 17 et 18, 24 et 25 novembre, et les 1 et 2 décembre.  Maurice Chevalier, séduit par l'événement, annonça qu'il donnerait un récital en supplément de programme, gratuitement bien sûr, bientôt suivi par André Dassary et Yves Montand qui se proposèrent pour faire de même lors des week-ends suivants.

On eût l'occasion de voir Gérard Philippe jouer les machinistes, aidé de Maurice Chevalier, Louis Aragon et Elsa Triolet tentant vainement de faire honorer leurs bons de repas dans la cohue...

Parmi les nombreuses personnalités présentes, on pût également apercevoir Patachou, René Clair, Jean Cocteau...

En 1953, il a été donné au théâtre 178 séances cinématographiques contre 23 séances de variétés.

En 1954, le Conseil Municipal a confié l'exploitation du théâtre à une association constituée par les sociétés locales, ce qui permettait à la municipalité de continuer à utiliser la salle pour ses manifestations officielles.  

- "C'est au théâtre Jean Vilar que j'ai vu "Pierre et le Loup" de Sergueï Prokofiev (1891 - 1953) et que j'ai assisté à la projection du film en 1972 "Le mécano de la Générale" avec Buster Keaton, un régal" !