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Une fleur de Paris
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Le monument du Souvenir et de la Reconnaissance à Rambouillet

Le monument du Souvenir et de la Reconnaissance à Rambouillet

Le monument du Souvenir et de la Reconnaissance à Rambouillet

Rambouillet fut libéré le 19 août 1944, en grande partie grâce aux forces américaines. Depuis, un monument leur rend hommage.

L’aigle sur le monument représente le symbole américain.

L’aigle sur le monument représente le symbole américain.

Rambouillet rend hommage aux Américains avec son Monument du Souvenir et de la Reconnaissance, surnommé «Monument américain» ou encore American Eagle Monument par les anciens militaires américains qui participèrent aux combats en août 1944. Il fut inauguré le 1er juin 1947 par Vincent Auriol, Président de la République, Jefferson Caffrey, ambassadeur des États-Unis en France, le docteur Petit, maire de Rambouillet, ainsi que de nombreuses personnalités civiles et militaires, françaises et américaines. Il fut érigé à la sortie de Rambouillet, sur la route de Gazeran, «à la mémoire des soldats américains tombés pour la Libération de notre région en août 1944».

Le monument du Souvenir et de la Reconnaissance à Rambouillet

L’emplacement du monument n’a pas été choisi au hasard. En 1945, sous la présidence de Claude Lyonnais, le comité du Monument du Souvenir mit tout en œuvre pour la création d’un monument à l’endroit où une patrouille de reconnaissance américaine était tombée, lors d’une embuscade le 16 août 1944. Il fallut alors choisir les artistes qui créeraient ce monument. Ce fut Gaston Le Bourgeois, sculpteur et Raymond Cailly, dessinateur et peintre, tout d’eux originaires de Rambouillet qui furent  désignés.

Le monument du Souvenir et de la Reconnaissance à Rambouillet

L’œuvre représente un aigle, le symbole des États-Unis, et a été sculptée dans la pierre meulière de la région et financée dans sa totalité par les dons des habitants de la ville et des communes avoisinantes.  Les propriétaires du champ où étaient tombés les Américains firent un beau geste en faisant don à la ville du bout de terrain où se dresse le monument.  Un problème s’est imposé : à ce moment-là, le nom des soldats américains n’était pas encore connu, pas plus que les faits exacts. Françoise Winieska fit des recherches et identifia en totalité neuf militaires américains, dont sept tombés le 16 août près de l’emplacement du monument, un pilote dont l’avion s’est écrasé non loin de là, ainsi qu’un officier, tué apparemment dans les bois en bordure de la route de Saint-Léger.

Le monument porta d’abord trois plaques avec le nom de cinq militaires américains, installées le 6 juin 1996. Elles ont été ensuite remplacées en 1999 par une seule plaque en pierre sur laquelle sont gravés les neuf noms.

Photo prise à travers les vitres d'une voiture.

Photo prise à travers les vitres d'une voiture.

Le saviez-vous ?

Le jour où les Américains entrèrent dans Rambouillet.

 C’est le 16 août 1944 que les avant-gardes américaines ont fait leur entrée dans Rambouillet. Elles furent accueillies par les mitrailleuses et canons antichars allemands. Après une série de tirs, les Allemands prirent six otages : l’abbé Renaud, M. Ouvrard, M. Picard et son fils âgé de quinze ans, M. Reby et M. Tessier. Ils furent enfermés dans la grange d’une ferme et gardés sous la menace des mitraillettes.  Le lendemain, Émile Degois, maire de Rambouillet est sommé de désigner sept otages à fusiller en échange de ceux arrêtés. Il aurait répondu «Je ne peux en désigner qu’un seul : moi-même», ce qui lui aurait valu la libération des otages. À cela s’ajoute  la proximité des Américains et le fait que les Allemands aient été tués par des balles américaines. Le 18 août de nombreux bombardements eurent lieu autour de Rambouillet et dans la nuit du 18 au 19 août, les Allemands quittèrent la ville : Rambouillet était libérée ! C’est d’ailleurs le premier arrondissement libéré de Seine-et-Oise. Les FFI s’empressèrent de prévenir les Américains qui avaient prévu un bombardement intensif de la ville pour le lendemain. Le 20 août à 11 heures tapantes les Américains entrèrent à Rambouillet. À noter la présence d’Ernest Hemingway, correspondant de guerre et nommé responsable de la défense militaire de la ville.  

Sources : Fabrice Bourrée, «La libération de Rambouillet» in dvd-rom La Résistance en Ile-de-France, AERI, 2004