L'école militaire préparatoire de Rambouillet
Il est impossible d’aller au château de Rambouillet sans voir l’imposant bâtiment de plus de 200 mètres de long, longé par la voie communale des Gardes, côté parc, et les rues Raymond-Poincaré, puis de-la-Motte, côté ville.
A droite de l’entrée, en façade face au château, une plaque indique que :
« Ces bâtiments furent occupés par l’Ecole Militaire Préparatoire de Rambouillet de 1875 à 1934. Près de 5000 élèves y furent formés dans l’idéal de servir la patrie. »
Ce mémorial, installé le 21 juin 1959 rappelle que beaucoup de ces élèves sont tombés glorieusement au champ d’honneur, et se termine en citant la devise de l’école « Grandir, combattre, vaincre ».
On doit la première construction au comte de Toulouse. Il ne possède pas moins de 250 chevaux de selle ! Il fait donc construire, à l’emplacement actuel, trois vastes écuries de deux niveaux. La plus grande abrite « 102 chevaux placés de file, avec les chambres pratiquées dans les trumeaux pour les palefreniers qui y ont chacun leur lit »
En 1736 Louis XV s’éprend de Rambouillet. Il est souvent accompagné par plus de 500 personnes. Il faut les loger, et le roi décide donc de réaliser d’importants travaux.
Les écuries sont alors surélevées de deux étages, dont un en mansarde, et les trois bâtiments primitifs sont réunis et augmentés pour n’en former plus qu’un, dont la façade principale fait face au château : c’est le bâtiment qui existe encore aujourd’hui.
Au rez-de-chaussée on trouve remises et écuries, et au dessus, 54 appartements de maître, vastes, largement aérés et bien éclairés par de grandes fenêtres. Ils accueillent les familiers du roi, pas assez importants pour séjourner avec lui dans le château, mais assez pour en rester très proches.
A la Révolution le domaine, acquis par Louis XVI en 1783, devient « bien national » et reste inoccupé. Il est à nouveau consacré à la vénerie impériale au début du XIXème siècle, avant de devenir caserne des gardes, puis hôpital militaire. Mais il reste sous-employé en raison de la proximité de ceux de Versailles et de Paris, et en 1875 il est converti en école de préparation militaire.
L’école de Rambouillet (« Grandir, combattre, vaincre ».)
Elle devait compter d’abord 250 élèves, et les 100 premiers arrivèrent le 26 février 1876. Une décision ministérielle de 1879 porta l’effectif à 320, et une seconde en 1884 à 450.
A cette occasion la dénomination « école d’enfants de troupe ». fut remplacée officiellement par celle
« d’école militaire préparatoire ».
Sous la direction initiale du capitale Roch ce sont des militaires qui assuraient les cours, chacun dans sa spécialité.
Cependant, quelques années plus tard, la loi de 1882, qui réformait la loi Falloux, entraîna le remplacement par dix professeurs civils de Rambouillet.
Le succès de l’école durera pendant plus d’un demi-siècle et de nombreux anciens élèves s’illustreront dans une carrière militaire de haut niveau.
Cependant, en 1934, dans le cadre d’une réforme nationale, les écoles de Rambouillet et de Saint-Hypolite-du-Fort seront fusionnées et transférées à Epinal. En 39 cette école sera déplacée durant un an à Niort, et en 1946 elle sera transférée à Aix-en-Provence, où elle existe toujours.
C’est naturellement avec un grand regret que les habitants de Rambouillet verront ainsi partir cette école, bien implantée dans la ville, et dont les élèves se rencontraient souvent dans les rues de la ville, à l’église Saint Lubin, ou dans les défilés, lors des fêtes de la commune.
En 1974, les écoles d’enfants de troupe sont transformées en collèges militaires, qui, en 1982, sont complétés par des lycées militaires. Ils accueillent alors garçons et filles.
La dénomination « enfants de troupe » existe encore aujourd’hui. Elle désigne les élèves issus des lycées et collèges militaires.
Quant aux écuries du comte de Toulouse, que l’on n’appelle plus que « caserne des gardes » elles abritent désormais des logements du personnel des Armées.
Elles ont su traverser les siècles et changer plusieurs fois d’affectation sans rien perdre de la majesté de leur architecture.